L’actualité du quartier de Mériadeck
L’actualité du quartier de Mériadeck

La Cité Municipale (le mot d'excuse de Paul Andreu)
Etrange texte de Paul Andreu, l'architecte du groupement Cirmad Bouygues, de présentation de son projet pour la Cité Municipale, ressemblant étrangement à un mot d'excuse, la moitié du texte étant consacrée à l'exposition de ses doutes à peine cachés.
"C'est un parti difficile que de vouloir réunir deux espaces contradictoires en respectant également l'un et l'autre, et de chercher pour la ville, à cet endroit de conflit entre deux époques qui se sont ignorées, une cohérence nouvelle. Plus qu'aucun autre c'est un parti qui ouvre à la discussion, au débat. Et donc au changement.
Entre l'obstination à soi et la complaisance aux autres, il faut trouver la voie juste, chercher, errer même si on ne peut l'éviter, avec comme seul but de servir le projet. Le nôtre était clair, il a régressé, nous l'avons repris. Repris à bras le corps, comme on reprend ce qu'on aime.
Avons-nous réussi ?
Sans doute plusieurs de nos interlocuteurs trouvent-ils que le projet incorpore des idées qu'ils ont émises, qu'il s'en nourrit. Peut-être penseront-ils avec nous, que grâce à elles, notre projet a retrouvé son origine, s'est dépouillé sans s'appauvrir et que de l'épreuve, car c'en était une, sort une proposition architecturale qui est aussi, et peut-être avant tout, urbaine.
Le volume bas de bureaux respecte la hauteur et de la ville ancienne et en reprend le matériau. Par ses fenêtres hautes, il évoque la modénature des façades qui l'entourent. Le volume haut, décalé, flottant, reprend les mêmes fenêtres mais il est blanc et lisse. Avec son porte-à-faux, il court à la rencontre de Mériadeck, dont il présage peut-être la réhabilitation, il salue le bâtiment de la Caisse d'épargne. Les façades vitrées du rez-de-chaussée accueilleront le public, l'informeront. Celles du restaurant, entre les volumes de bureaux, donneront la vue sur la ville à ceux qui travaillent pour elle.
On choisira à loisir de voir dans l'étagement des volumes une reprise de l'étagement classique ou un pur souci de modernisme. L'important est que le bâtiment soit né de la fonction qu'il respecte rigoureusement, et du lieu qu'il rassemble à nouveau."
La description du projet, si elle demeure succincte, affirme clairement les directions du projet : situé entre un quartier moderne des années 70 et la ville ancienne, Paul Andreu choisit sans hésitation la ville du XVIIIème siècle.
La volonté nettement affichée de reprendre les proportions (des fenêtres, hein, soyons raisonnables tout de même) et les matériaux de l'ancien pose plusieurs questions, voire inquiétudes quant à notre sombre époque.
L'attention d'Andreu semble clairement se concentrer sur la ville ancienne, et non sur le quartier de Mériadeck, dont son bâtiment est pourtant la nouvelle entrée monumentale (à moins qu'il en soit la muraille, ou l'écran) : les emprunts de matériaux ou de formes semblent venir exclusivement de la ville du XVIIIème siècle (le patrimoine moderne n'a toujours qu'une acceptation très relative), les seules allusions au quartier Mériadeck étant de l'ordre d'un "salut" (dont seul le bâtiment de la Caisse d'Epargne semble en être le destinataire, le reste du quartier n'étant digne que d'une "réhabilitation" visiblement ardemment souhaitée par Andreu).
L'architecture du quartier de Mériadeck, tant décriée lors de sa construction, avait su faire une rupture dans son vocabulaire formel. Son "respect" à la ville s'exprimait finalement par une histoire de volumétrie, de gabarit (le fameux vélum urbain, les immeubles situés sur les bords de l'intervention devant être les plus bas, les plus hauts se concentrant au centre de la composition). Aujourd'hui, nous avons la figure totalement inverse : on construit un monument haut, large, gros, voyant (et privé, c'est un PPP), affirmant une sorte d'insulte au fameux tissu ancien, par contre, on y met plein de pierre et des fenêtres aux dimensions des siècles passés (la pierre n'étant qu'un décor rapporté, sans aucune fonction structurelle). Que voulez-vous, nous sommes dans une époque du paraître….
vendredi 14 octobre 2011
De gauche à droite, et de haut en bas :
maquette du projet, coupe axonométrique, vue du hall d’accueil, autre vue du hall d’accueil, et vue du restaurant.
Paul Andreu
Video de la future Cité Municipale
Voir aussi :
La réunion de présentation du projet de la Cité Municipale à la Mairie
Nouvelle image de la Cité Municipale depuis la rue du Château d'Eau
© 2011 m cisnal
