La Caisse d’Epargne

Arhitectes : Edmond Lay, Pierre Layré-Cassou et Pierre Dugravier (Bordeaux)

Livraison : Juillet 1977


Alors que le quartier voyait sa destination changer, passant d'un quartier de logements à un véritable centre d'affaire, sorte de petite Défense, les investisseurs privés restaient très réticents pour s'installer dans le quartier.

L'unique établissement bancaire qui accepta de s'implanter dans le quartier fut la Caisse d'Epargne. Plus conciliante avec ce partenaire, indispensable au développement du quartier tel que la ville le souhaitait, la SBRU autorisa les architectes à ne pas respecter réellement (voire pas du tout) les différents principes architecturaux imposés jusqu'alors dans le nouveau quartier. On raconte également que la Caisse d'Epargne, devant initialement s'implanter dans le nouveau quartier du Lac, qui se construisait à la même époque, aurait simplement déplacé son bâtiment, déjà dessiné, d'un site à l'autre. Mais cet épisode est formellement démenti par l'architecte lui-même.

L'organisme bancaire fait appel à deux architectes avec qui il avait l'habitude de travailler, le cabinet Dugravier, Layre-Cassou. L'agence s'associe pour ce projet avec Edmond Lay, dont le style architectural sera très présent sur le bâtiment.


L'immeuble s'organise autour d'une grande verrière centrale au-dessus de la zone d'accueil du public de 17 mètres de hauteur. Aux étages, les bureaux se répartissent autour de cette zone d'accueil, et bénéficient ainsi de cette lumière naturelle zénithale. Le volume du hall, tout en rondeur et décalage, est animé par des jeux d'escaliers et de bassins.


Le bâtiment reçoit le Grand Prix d'Architecture en 1984.


A l'image de beaucoup de banques, l'immeuble a connu de nombreuses phases de rénovation et réaménagement qui ont appauvri au fil du temps son architecture :

- les espaces initialement tous ouverts sur le hall central, sous la verrière, ont été successivement cloisonnés,

- la verrière centrale fut occultée,

- une passerelle traversant le hall fut aménagée en différents bureaux,

- le parvis extérieur devant la banque fut refermé pour agrandir l'espace clientèle

  1. -l'espace d'accueil fut à maintes reprises redessiné, jusqu'à masquer totalement l'espace pourtant grandiose du hall… Aujourd'hui, nous sommes face à un hall anonyme, avec une minuscule banque d'accueil, des bureaux aux cloisons démontables, un plafond bas en dalles de 60x60. On ne peut deviner l'ancienne architecture du lieu qu'au travers de bouts de poteaux ou angles de murs qui n'ont pas encore été masqués.


Finalement, le départ de la Caisse d'Epargne de ce bâtiment emblématique, même s'il laisse quelques craintes quant à son devenir, mettra probablement un terme à ce massacre organisé.

Unibail, gérant du centre commercial a pourtant fait une première proposition pour acquérir le bâtiment, en proposant tout simplement de le démolir afin d'étendre ses surfaces commerciales. Le projet fut rejeté, et des démarches engagées pour protéger le bâtiment.

En avril 2014, le bâtiment est donc inscrit au titre des monuments historiques "comme témoignage de l’architecture-sculpture de la 2e moitié du 20e siècle". L'inscription porterait sur le bâtiment en totalité.

Il semblerait que le bâtiment devienne d'ici 2017 un "hôtel de luxe". Mais l'inscription du bâtiment implique que le projet devra se faire avec l'accord de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) ainsi que d'Edmond Lay, architecte du bâtiment.

L'agence bancaire a d'ores et déjà quitté les locaux, seuls les bureaux restent occupés à ce jour.

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